Les karris de la vallée des géants du Western Australia

Que diriez-vous de postuler à un emploi carrément atypique d’observateur de feu de forêt dans une cabane perchée à plus de 75 mètres du sol ? Si vous avez une bonne vue, que vous savez lire une carte, que vous ne craignez ni la solitude ni la hauteur, alors ce job est fait pour vous ! Si vous n’êtes pas encore convaincu, alors suivez-moi lors de mon ascension, histoire que je vous fasse la visite…

 

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Des cabanes perchées au sommet des karris

 

Quoi de mieux que de grimper à la cime des arbres pour observer le développement des feux de forêt ? C’est suite à ce constat qu’a été lancée, dans les années 1930, la construction de cabanes au sommet de plusieurs karri – eucalyptus typiquement australien -, dans la région de Pemberton dans le Western Australia. La particularité de cet arbre est bien évidemment sa taille puisqu’il peut atteindre plus de 75 mètres de hauteur, parfait spot donc pour observer le monstre rouge… Situé au-dessus de la canopée, la cabane offre une vue à 360° et permettait d’être au fait de tout ce qui se passe dans la forêt enchantée (gare aux commérages !) et d’avertir très rapidement les autorités de toute formation de feu.

 

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Un métier pas facile

 

Mais il ne faut pas croire, le métier n’était pas si évident. Outre le risque de se faire cramer les fesses, c’était surtout le fait d’attendre de longues heures à regarder dans toutes les directions, dans un espace très étroit qui était compliqué. Et il ne fallait pas craindre non plus les rafales de vent. Les jours de mauvais temps, la cabine pouvait tanguer de 3 mètres dans chaque direction. De plus, l’équipement à l’intérieur de la cabine était sommaire et se résumait à une carte au centre de la cabane, des jumelles et un téléphone. Pas de chaises, pas de machine à café, que nenni ! Le rôle de l’observateur était aussi extrêmement important puisque la vie de la forêt et des habitants alentours dépendaient en grande partie de lui.

 

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Aujourd’hui bien sûr, il n’est plus possible d’exercer le métier d’observateur de feux de forêts comme autrefois (ohhhh). Par contre, il est possible de grimper tout en haut de trois de ces arbres, vieux de 250 ans, jusqu’à une plateforme d’observation (ahhhh). Et c’est ce que j’ai fait ! Enfin, ça n’a pas été si simple que ça.

 

 

Cap ou pas cap ?

 

Trois arbres permettent de vivre cette expérience insolite :

 

  • le Diamond Tree (Donnelly State Foret), haut de 51 mètres.
  • le Gloucester Tree (Gloucester National Park) haut de 61 mètres.
  • le Dave Evans Bicentennial Tree (Warren National Park), le plus effrayant des trois, à 75 mètres du sol.

 

 

Sans vraiment le savoir, nous avons commencé par nous rendre au plus haut des trois, le Dave Evans Bicentennial Tree dont la cabane est perchée à 75 mètres de hauteur. Avant de descendre de la voiture, on s’était dit que ça allait être top comme expérience. Quand nous sommes arrivés au pied de l’arbre, l’excitation est vite redescendue.

 

 

Ben oui, je ne vous ai pas dit, mais la grimpette se fait sans aucun équipement de sécurité ! Il ne faut donc compter que sur ses petits muscles pour arriver au sommet et en redescendre. J’ai voulu tenter bien sûr, je suis têtue. Il y a un niveau intermédiaire à 25 mètres du sol, je me suis dit que si je ne le sentais pas, je pouvais toujours faire demi-tour. J’ai donc pris mon courage à deux mains et commencé l’ascension, jusqu’au premier palier. Et j’ai regardé dans le vide, 25 mètres plus bas (erreur). Et j’ai regardé en haut (double erreur). Encore 50 mètres à gravir, ça fait beaucoup mais surtout, le vent commence à souffler de plus en plus fort. Et mes muscles commencent à se tétaniser. Je continue, ou pas ? Oui, je continue (inconsciente)…

 

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Mais, 10 mètres plus haut, je décide de rebrousser chemin (soupir de soulagement). La peur était trop forte. Pas tant celle de finir de monter mais plutôt celle de redescendre, sous ce vent et en tenant les barreaux qui font mal aux mains. Autrefois, pour grimper, les barreaux étaient en bois, aujourd’hui, ils sont en ferraille et bien que plus rassurants, il n’en reste pas moins qu’ils sont douloureux à tenir. J’ai donc fait demi-tour et je n’ai jamais été aussi soulagée de toucher le sol. Nous sommes d’accord, il faut savoir connaître ses limites… mais il faut aussi me connaître…

 

Tenter l’expérience, encore une fois

 

Et c’est ainsi que j’ai tenté l’expérience à nouveau le soir même, mais en changeant de cible. Cette fois, j’ai jeté mon dévolu sur le Diamond Tree, moins haut, à 51 mètres du sol, mais sans niveau intermédiaire. La tour d’observation de cet arbre est la seule cabine en bois au monde depuis laquelle on peut observer la forêt, si c’est pas une nouvelle géniale ça !

 

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Les conditions météo étaient meilleures, il y avait moins de vent. Alors je me suis lancée. Sous l’œil horrifié de mon homme resté en bas pour immortaliser la scène. Espérons que je reste « mortelle ». J’ai évité de regarder en bas et j’ai grimpé, grimpé, grimpé. Un peu avant d’arriver à la cabine, le vent s’est levé. J’ai soufflé. Et j’ai continué jusqu’à arriver à la fameuse cabine, à ce sublime point de vue. Je venais de grimper cette longue échelle à 135 barreaux.

 

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Je ne suis pas restée très longtemps à cause du vent et car la peur de redescendre commençait à reprendre le dessus. Mais j’ai quand même savourer l’instant. Et je suis repartie en gardant en tête qu’il fallait toujours avoir trois membres qui tiennent les barreaux pour que tout aille bien, c’est la clé du succès. Et comme un robot, je suis descendue, jusqu’à ce que le sol se présente à moi.

 

Pari réussi !

 

Et vous, auriez-vous tenté l’ascension ?

Graziella - Gatoi.com
5 Commentaires
  • Laura
    Répondre

    Je ne l’aurais jamais fait ^^
    Mais en sachant ce qui t’attendait en haut, j’aurais tentée l’expérience, c’est juste magnifique et irréel !
    Tu es folle ma soeur mais j’aime cette folie chez toi 😀 (à l’avenir ne refait plus ça lol je veux te récupérer en vie ^^)

    03/04/2017 at 11:07
  • Dams
    Répondre

    Repousser ses limites est horriblement difficile, mais quelle satisfaction lorsque l’on réussi! Tu peux être fière de toi! Félicitation, et quelle vue!!!

    26/02/2017 at 2:51
  • Laure
    Répondre

    ça valait le coup de s’entêter, la vue est splendide !! 🙂

    25/02/2017 at 11:52
  • Sylvie
    Répondre

    Peu de personne pourrons se vanter de cette vue !!!!
    Chapeau

    23/02/2017 at 12:51

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